Wednesday, April 3, 2013

Traque aux amateurs de porno mal barrée

Spécialisé dans les plaintes juridiques à gogo contre les adeptes de sites X, un cabinet d'avocats a dû battre en retraite mardi dernier en passant du rôle de plaignant à celui de défenseur.Le cabinet Prenda Law s'est-il fait prendre à son propre jeu? Les choses se sont en tout cas compliquées lors de la dernière audience devant le juge Otis Wright II. Sommés de s'expliquer sur leur stratégie, les avocats ont dû invoquer le 5ème amendement américain pour éviter de devoir répondre au magistrat et de risquer une poursuite pénale.

Le cabinet s'est fait connaître comme un «troll du porno» en intentant des poursuites contre des internautes ayant téléchargé sans droits des films classés X. Sous leur menace, les accusés ont le choix: classer l'affaire en payant une somme à la firme ou poursuivre la querelle devant les tribunaux avec des montants exigés supérieurs et risquer de voir leur réputation ternie.

Faux plaignants, vrais profits

John Steele, l'un des avocats de Prenda Law, s'était vanté d'avoir poursuivi plus de 20'000 internautes à l'aide de 350 plaintes. Son cabinet se serait fait plusieurs millions de francs au passage. Mais les choses se sont gâtées depuis.

Lors de l'avant-dernière audience devant le juge, le vent a manifestement tourné. Le juge Otis Wright II avait dénoncé les méthodes de Prenda Law. Il avait accusé le cabinet d'avoir utilisé des sociétés fictives comme victimes et de s'en servir devant les tribunaux pour obtenir de l'argent. Prenda Law avait été accusé d'avoir volé l'identité d'un homme dans l'Etat du Minnesota, Alan Cooper, pour l'utiliser comme un agent fictif au service de ses sociétés «écran».

Juge en colère

«Le contentieux a radicalement changé, en passant de droits de propriété intellectuelle à des pratiques qui jettent le discrédit sur la profession»», a lancé Otis Wright II lors de la dernière audience liquidée en 12 minutes, selon un blog spécialisé.
«Nous avons terminé», aurait-il asséné d'un ton cassant et le regard noir, en prenant congé de ses interlocuteurs.

0 comments:

Post a Comment