Thursday, June 27, 2013

Le smartphone, cible des pirates

Le nombre d’attaques visant les téléphones a explosé ces derniers mois. La vigilance est de mise pour protéger les innombrables données qu’ils contiennent. Le système d’exploitation de Google, Android, est jugé le plus vulnérable par les experts. Les programmes malveillants ont proliféré de manière exponentielle: on en compte 614% de plus entre mars 2012 et mars 2013. Leur cible: les téléphones équipés d’Internet. Et surtout les smartphones Android. 92% des attaques concerne le système d’exploitation de Google, selon le cabinet Juniper, basé dans la Silicon Valley. Serge Hubert, directeur technique de Jahia, éditeur de logiciels à Genève, n’est pas surpris par ces chiffres: «Le marché est aujourd’hui énorme. Il y a de plus en plus de smartphones et de tablettes. Des services intéressants aux yeux des cybercriminels se sont aussi beaucoup développés sur les téléphones, comme l’e-banking.» La sécurité d’Android lui paraît également insuffisante: «Il n’existe pas de système d’approbation des applications sur l’Android Market, explique Serge Hubert. Les cybercriminels peuvent donc facilement introduire des outils vérolés.»

Appels à 9 francs la minute

Comment les pirates s’introduisent-ils sur les smartphones? A travers, tout d’abord, des applications que l’utilisateur télécharge. Soit celles-ci infectent directement le téléphone. Soit l’application donne l’impression de dysfonctionner. Alors que l’utilisateur croit envoyer un rapport d’erreur au développeur, il transmet en réalité toutes les données de son téléphone à un pirate. Appels, SMS, liste de contacts, e-mails, informations bancaires… «Les cybercriminels sont intéressés par tout ce qui peut être monnayable», précise Stéphane Koch, expert en sécurité des données. A travers ce type d’attaques, le pirate peut aussi passer ses appels avec le téléphone de sa victime, qui va alors hériter d’une facture démentielle.

Autres tactiques: les SMS frauduleux ou appels surtaxés. L’utilisateur va se retrouver abonné à un service payant, après avoir simplement cliqué sur un lien dans un message. Ou encore: la personne va rappeler un numéro non répondu, qui est en fait un numéro qui coûte 8 à 9 fr. la minute. Le smartphone n’échappe pas par ailleurs aux attaques qui touchent les ordinateurs, telles que le phishing.

Et les tablettes, qui fonctionnent sur le même système que les téléphones, ne sont pas non plus épargnées. Cette fulgurance des piratages de smartphones effraie. Contenus de vos e-mails, photos, interlocuteurs… L’appareil est le dépositaire d’informations confidentielles et intimes. «Nous ne sommes pas encore conscients des dangers. Nous n’appliquons pas à notre téléphone les réflexes de vigilances que nous avons acquis avec notre ordinateur. Mais notre smartphone n’est plus un simple téléphone», relève Stéphane Koch. Selon le spécialiste, il faut que les utilisateurs se donnent la peine de se documenter et d’élever leur niveau de connaissances. Ils sont en effet devenus des victimes de l’ergonomie des appareils qui rendent la navigation rapide et simple. D’où des clics irréfléchis, des conditions d’utilisation non lues… Et donc des erreurs qui peuvent coûter extrêmement cher. Si, comme le souligne le rapport de Juniper, les attaques prennent principalement la forme de faux messages commerciaux, les cybercriminels visent aussi de façon plus sophistiquée les informations des entreprises et des gouvernements. (Le Matin)

Créé: 27.06.2013, 13h56

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