Monday, May 6, 2013

Une année sans Internet, ça isole énormément

Journaliste attaché au site américain The Verge, Paul Miller a terminé le 1er mai son année sans Internet. A l'heure du bilan, il met en exergue qu'Internet loin d'isoler est «l'endroit où les gens sont». Plus de mails, de téléchargements, de films en streaming ou de paiements online. Paul Miller a choisi le 30 avril 2012, à minuit, d'abandonner Internet pour une année. Un défi de taille pour un journaliste spécialiste des nouvelles technologies, qui passait environ 12 heures par jour sur des appareils connectés à Internet, ordinateur, iPad ou encore Xbox. Sans tricher, sans utiliser une connexion via ses amis, le journaliste américain de The Verge l'a relevé. Il s'est totalement déconnecté. Et à l'heure du bilan, une année après, sa première phrase est «I was wrong» («j'avais tort»).

Se libérer des chaînes d'Internet

Agé de 26 ans en 2012, Paul Miller voulait faire «un break de la vie moderne», s'échapper du flux continu d'informations, retrouver un peu «de paix et de tranquillité». Et dans l'idéal mieux gérer son temps, laisser place à plus de créativité, «devenir un meilleur ami, un meilleur fils et frère... un meilleur Paul», comme il l'écrivait.

Le journaliste s'est coupé d'Internet comme on effectue une quête spirituelle, se libérer de tout parasitage pour mieux se retrouver. Si Paul Miller a vécu avec entrain ses premiers mois de liberté technologique, en privilégiant les interactions sociales, en se concentrant sur l'écriture et la lecture, il a ensuite déchanté.

«L'endroit où les gens sont»

«A la fin de 2012, j'ai appris comment faire des mauvais choix sans Internet. J'ai abandonné mes habitudes positives offline, et j'ai découvert de nouveaux vices. Au lieu de transformer l'ennui et le manque de stimulation en apprentissage et en créativité, je me suis tourné vers la consommation passive et le repli social. Durant une année, je n'ai pas vraiment fait du vélo. Mon frisbee a amassé de la poussière. La plupart des semaines, je n'ai rencontré personne. Ma place favorite était le canapé.» Et d'ajouter, «sans Internet, il est beaucoup plus dur de joindre les gens.»

Conclusion: Internet, ce monstre tentaculaire et bouffeur de temps, qui isolerait les êtres humains n'est, donc, pas la source de tous les maux. Au contraire, selon le jeune journaliste, «Internet n'est pas une quête individuelle, c'est quelque chose que nous faisons les uns avec les autres. Internet est l'endroit où les gens sont.»

Au moment de son retour sur la toile, Paul Miller ne cache pas qu'il risque à nouveau de se laisser distraire, de perdre du temps, de cliquer sur de mauvais liens. La lecture, l'introspection, l'écriture risquent de laisser place à des occupations plus futiles. Mais, au moins, il ne sera pas seul, il sautera à nouveau dans le grand bain mondial. «Au moins, je serai connecté», conclut-il. (Newsnet)

Créé: 06.05.2013, 11h44

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