Friday, May 3, 2013

Alain Berset a 26% d’amis imaginaires

Sur Twitter, les stars et les politiques croulent sous les faux abonnés. Le phénomène sévit jusque dans les sphères fédérales. Explications La popularité des personnalités est souvent surévaluée sur les réseaux sociaux. La raison? Il est possible, en quelques clics d’acheter des milliers de fans, «followers» et autres amis pour remplir son écurie et passer pour une personne influente et écoutée.

Une étude a révélé cette semaine que certains people et politiciens français comptaient plus de 40% d’abonnés bidon. Ainsi, pour la chanteuse Shy’m, 44,4% de ses «followers» renvoient à de faux profils. Arnaud Montebourg compte 25% d’imposteurs et François Fillon 16,6%.

Les amis imaginaires d’Alain Berset

Les Suisses ne font pas exception. Politicien romand le plus populaire sur Twitter, Alain Berset compte 26% de faux profils et 26% d'utilisateurs inactifs parmi ses 9’567 abonnés. L’application qui donne ces chiffres, Fake Follower Check, est à prendre avec de grandes pincettes, notamment sur la différence qu'il fait entre les faux et les inactifs. Elle permet néanmoins d’effectuer des comparaisons intéressantes.

Derrière le conseiller fédéral, le président du PS Christian Levrat compte 22% de «followers» factices. Antonio Hodgers (Verts/GE) en totalise 17%, Hugues Hiltpold (PLR/GE) 12%, et le député PLR valaisan Philippe Nantermod 8%.

Suivis à leur insu

Nos politiciens veulent-ils se rendre plus importants qu’ils ne sont sur les réseaux sociaux? «Nous n’avons jamais acheté de faux abonnés», rassure Nicole Lamon, responsable de la communication au Département fédéral de l’intérieur.

Si le conseiller fédéral ne compte que 48% d’abonnés actifs, c’est peut-être parce que son compte est ancien. Le premier tweet d’Alain Berset date du 20 novembre 2010.

Car posséder des «followers» factices ne signifie pas forcément qu’on les a achetés. «Il est possible d’être suivi à son insu par de faux profils. Ceux-ci s’abonnent à de vraies personnes pour tromper le système de surveillance de Twitter et paraître plus crédibles», analyse Yannick Rochat, chercheur à l’EPFL et cofondateur de Pegasus Data Project, le site d’humanités numériques spécialisé dans l’observation des réseaux sociaux.

Autre scénario: «Certaines personnes peuvent acheter des «followers» pour le compte de rivaux, afin de les dénoncer ensuite et de leur porter préjudice», note le spécialiste.

Trafic au grand jour

Ce trafic d’amis virtuels se fait au grand jour. Sur eBay par exemple, des grossistes monnayent par dizaines de milliers les suffrages de faux profils créés par machines. Le prix est très variable. Lors d’une expérience menée l’automne dernier, Pegasus Data Project avait acquis 30'000 «followers» Twitter pour 10 dollars seulement.

Comment reconnaître un faux tweeto? Les noms sont étranges ou indéchiffrables, la même photo de profil illustre plusieurs identités, et surtout, ils comptent infiniment plus d’abonnements que d’abonnés. «A l’exception de personnalités connues, le déséquilibre entre un grand nombre d’abonnés et un petit nombre d’abonnements peut être l’indice qu’une personne essaie de gonfler son nombre de ‘followers’.», prévient Yannick Rochat.

Enfin, avoir beaucoup d'abonnés ne signifie qu'une grande partie est fausse. La technique du «follow back» permet de rapidement faire grimper les compteurs entre utilisateurs qui se suivent mutuellement. Caractéristique de leurs profils: un nombre à peu près égal d’abonnés et d’abonnements.

(Newsnet)

Créé: 03.05.2013, 15h59

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