Monday, April 1, 2013

Xperia Z, comme un poisson dans l’eau

Le dernier smartphone de Sony, tout de verre vêtu, ultraplat et étanche, est une réussite. Mais 5 pouces, n’est-ce pas trop pour une main? Notre test. Cette année, les smartphones tentent la taille 5 pouces. Tel le Xperia Z de Sony qui nous avait impressionné au CES de Las Vegas en janvier dernier, et qui est disponible en Suisse depuis quelques semaines. Amusant quand même de constater qu’il y a quelques années la tendance était de créer des téléphones mobiles toujours plus petits, quasi miniatures. Et depuis l’avènement de l’écran tactile, c’est l’inverse. Mais il n’y a pas que la taille qui compte, ses autres atouts nous font dire que c’est certainement le meilleur que Sony ait conçu jusqu’à présent, et il a de quoi tenir la dragée haute aux autres smartphones comme lui sous Android.

C’est d’abord un bel objet, très robuste, tout en verre trempé. De face, de dos et même sur les côtés. Du verre? On pense immédiatement aux rayures. Mais, étonnamment, même baladé dans un grand sac, il n’a pas pris la moindre griffure. Et pourtant on l’a débarrassé de son film protecteur pour profiter de la beauté du verre. Les traces de doigts en revanche sont incontournables et bien visibles. On les balaie donc régulièrement d’un revers de manche.

Le modèle que nous avons testé est le blanc, et le verre trempé le rend particulièrement élégant. Ici, pas de plastique bon marché. Les esthètes y seront sensibles, et aussi à d’autres petits détails. Ainsi, pour déverrouiller l’écran, Sony a conçu un très joli effet de store vénitien…

La surface d’un billet de 20 francs

L’écran est grand, c’est le moins qu’on puisse dire. Comme on l’a souligné, on a atteint les 5 pouces, soit 12,7 cm de diagonale. C’est la surface d’une billet de 20 francs! C’est bien sûr confortable pour regarder une photo, un film, une page Web. Mais ça devient quand même limite lorsqu’il s’agit de le mettre en poche, et encore plus quand on le manipule d’une seule main, à moins d’avoir une paluche, s’entend.

Le Xperia Z est cependant très fin: moins de 8 mm. Et sur cette tranche, seul le bouton d’allumage émerge. Sony l’a placé presque au centre. C’est original, et pas dérangeant. Le pouce droit est assez souple pour l’atteindre. Sinon, rien n’apparaît sur le pourtour brillant. Carte mémoire, SIM, USB, audio: tout est bien camouflé, ou plutôt bien protégé. Car ce smartphone est vraiment étanche. Il peut tomber dans la baignoire et y rester une demi-heure sans que l’appareil n’en souffre. Nous nous sommes livrés à l’expérience d’immersion. Le téléphone sonne, le film continue de tourner. Toutefois, sous l’eau, les commandes tactiles sont un peu plus aléatoires. Alors, à quoi cela sert, direz-vous? A répondre au téléphone lorsqu’il pleut violemment, ou quand on se douche – si, si, certains le font ! – et à ne pas paniquer si l’appareil tombe dans une flaque d’eau, ou dans le sable, car il résiste aussi à la poussière. C’est un atout appréciable.

Le système Jelly Bean d’Android a été intelligemment adapté. Des cinq pages d’accueil de base, on peut passer à 6 ou 7, et choisir n’importe laquelle comme «home». On peut aussi positionner avec facilité les petits widgets que Sony a préparés pour se simplifier la vie. Dans les thèmes aussi, il y a du nouveau: ce n’est pas seulement la couleur du fond d’écran qui change, mais l’environnement global. Ainsi, quand on choisit le thème rubis, le rouge se retrouve un petit peu partout, sur les boutons, les notifications, etc.

Appareil photo plein de possibilités

L’écran est non seulement grand, il est aussi en pleine haute définition (443 points par pouce). Le futur Galaxy 4 ne fait pas mieux. Certains critiquent le manque d’intensité des noirs (l’écran n’est pas OLED), en revanche les couleurs sont plus naturelles et la luminosité remarquable. Ce qui nous amène à l’image, point traditionnellement fort chez Sony. L’appareil photo, jusqu’à 13 millions de pixels, a autant de possibilités qu’un APN compact: grande sélection de scènes (dont le HDR lors de contre-jour), panorama, rafale à 10 images/seconde, ainsi que des effets ludiques comme celui de la couleur partielle: la photo est en noir/blanc, sauf la couleur de son choix que l’on désigne au toucher. D’habitude cet effet peut s’obtenir après coup, là c’est au moment de la capture. Et c’est bluffant.

On filme en haute définition 1080p, et l’on peut également y appliquer le HDR si l’on est en en contre-jour, ainsi que prendre des photos tout en enregistrant un clip. On a toutefois noté que, de manière inopinée, l’appareil chauffe soudain lors de prises de vidéos, puis se tempère à nouveau tout aussi rapidement.

On remarquera aussi qu’il n’y a plus de déclencheur sur la tranche de l’appareil, qui permettait – au Xperia T par exemple – de prendre une photo avec l’appareil verrouillé. Sur le Z, on peut cependant opter pour le mode de démarrage rapide qui permet, avec un smartphone verrouillé, de prendre une photo en moins d’une seconde. Et cela s’obtient en balayant l’écran de veille de droite à gauche. Il suffit donc juste de changer de réflexe.

Si l’on balaie l’écran de veille en sens inverse, c’est le baladeur qui s’enclenche. On réalise alors, si l’on tient en main le Xperia Z, que le Mont de Vénus (du pouce donc) obstrue le haut-parleur placé en bas sur le côté droit. Le choix de cet emplacement ne semble pas très judicieux. En tout cas pour les droitiers.

Autonomie en veille améliorée

L’autonomie est toujours un point sensible avec les smartphones hyperconnectés. Et Sony avait dans le passé de sérieux problèmes avec la gestion de l’état de veille. Le Z corrige le tir grâce au mode Stamina (Endurance) qui consiste, lorsque l’appareil est en veille, à tout désactiver sauf les appels et les SMS. Ainsi, après une nuit de repos, on retrouve son appareil au pour-cent près avec la même charge de batterie. Ce qui du coup le replace dans la «normale», à savoir capable de passer une journée d’usage conventionnel sans chargeur. Côté prix, on le trouve à moins de 700 fr. sans abonnement. Et les offres assorties d’abonnements sont très concurrentielles.

En résumé, ce smartphone élégant et performant démontre que Sony a de quoi tenir tête au géant rouleau compresseur Samsung. Et comme tous deux ont maintenant décidé de nous mettre 5 pouces dans la main, chacun jugera si, pour un téléphone, on a atteint la taille critique. C’est en tout cas notre avis. Au-delà, on a affaire à une tablette. (Le Matin)

Créé: 01.04.2013, 09h37

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