«Adieu à Aaron Swartz, hacker et militant extraordinaire», a lancé sur son site Electronic Frontier Foundation qui a salué «un ami et collaborateur» de cette association de défense des droits dans le monde numérique.
Aaron Swartz, militant pour l'accès libre à internet, a été retrouvé mort pendu à son domicile à Brooklyn vendredi soir, selon les services médicaux de New York.
Ce génie de l'informatique, qui avait participé à l'élaboration du format RSS à l'âge de 14 ans, devait comparaître le 1er avril prochain devant la justice. Il était en effet accusé d'avoir volé en 2011 des millions d'articles scientifiques et littéraires à JSTOR, un service d'archivage en ligne de publications universitaires et scientifiques, accessible uniquement par abonnement.
Le jeune homme avait téléchargé ces milliers de données en laissant, pendant deux jours, un ordinateur caché dans un placard du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il risquait jusqu'à 35 ans de prison et un million de dollars d'amende.
A la suite de son arrestation en 2011 à Boston, son organisation de lutte contre la censure Demand Progress avait protesté en disant que ces poursuites «n'avaient pas de sens». «C'est comme essayer de mettre en prison quelqu'un qui aurait parcouru rapidement trop de livres dans une bibliothèque», a déclaré son directeur David Segar.
«Un gamin génial»
La famille et les amis du militant reprochent à la justice et au MIT, à l'origine des poursuites, d'avoir une certaine responsabilité dans ce suicide.
Un de ses amis, Larry Lessing, qui avait désapprouvé l'initiative, s'emportait dimanche sur le site Boingboing.net contre la justice qui avait accusé Aaron Swartz d'avoir «volé» des biens «valant des millions de dollars». «Aaron n'a jamais rien fait dans sa vie pour 'faire de l'argent', il ne travaillait que pour l'intérêt général, il était brillant, drôle, c'était un gamin génial», a-t-il écrit.
Il y a deux ans, le FBI avait lancé une enquête contre Aaron Swartz qui avait publié des documents de la cour fédérale américaine normalement accessible contre paiement. En moins de trois semaines, il avait réussi à charger plus de 18 millions de pages d'une valeur estimée à 1,5 million de dollars. Aucune charge n'avait alors été retenue contre le jeune homme.
Dépression
Mais Aaron Swartz souffrait aussi de longue date de dépression, selon ses amis.
«Aujourd'hui, tout le monde se demande si Aaron ne s'est pas tué parce qu'il ne voulait pas aller en prison. Peut-être. Mais Aaron souffrait aussi de dépression depuis de nombreuses années», écrit sur Boingboing.net un militant d'internet et ami du jeune homme. Aaron «en avait parlé publiquement et en parlait avec ses amis».
En 2007, il avait publiquement évoqué l'idée du suicide, selon le «New York Times» qui lui consacrait dimanche une demi-page. Sur son blog, il avait écrit: «Sortir, respirer un peu d'air pur, se lover contre quelqu'un qu'on aime et ne pas se sentir mieux, pire, se retrouver incapable de ressentir la joie que chacun semble partager. Tout est teinté de tristesse», indiquait le jeune homme.
Dans un autre hommage sur la Toile, wired.com a déclaré: «Le monde est privé de 50 ans de tout ce que nous ne pouvons pas imaginer qu'Aaron aurait fait», avant de conclure... «sa mort est une tragédie». (ats/Newsnet)
Créé: 13.01.2013, 21h53
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