Friday, January 4, 2013

Brûler des jeux vidéo pour lutter contre la violence

Une association du Connectictut, État où a eu lieu la tuerie de Newtown, va mettre sur pied le 12 janvier une opération «jeux vidéo violents contre chèque-cadeau».Après la fusillade de Sandy Hook, qui a fait 26 morts dont 20 enfants dans une école du Connecticut, l'association Southington SOS organise le 12 janvier une journée de collecte de jeux vidéo jugés trop violents pour les jeunes. Les participants reçoivent un chèque-cadeau en échange de chaque produit déposé, rapporte NBC. L'association indique également que les films et les disques violents seront aussi acceptés. Tout ce qui aura été récupéré sera ensuite brûlé à la déchetterie. Certains médias avaient, le jour après la fusillade, établi un lien entre la passion du tueur pour les jeux vidéo violents et ses actes.

Si Southington SOS n'accuse pas ouvertement les jeux vidéo d'avoir provoqué la tuerie de Newton, elle veut surtout lutter contre la violence en général. «Nous n'accusons pas les jeux vidéo violents d'être la cause du massacre de Newtown, affirme SouthingtonSOS dans un communiqué, relayé par francetvinfo. Nous dénonçons simplement le fait que de tels jeux, mais aussi la télévision et le cinéma, alimentent jour à près jour un flux continu de violence et de mort. Tout cela contribue à une augmentation de l’agressivité, de la peur, de l'anxiété, et désensibilise nos enfants aux actes violents.»

«Et regarde, un singe à trois têtes»

Cette opération fait bondir le vice-président de Swiss Interactive Entertainement Association (SIEA), Nicolas Akladios: «Je trouve une nouvelle fois que l’on déplace le problème. Les armes sont clairement mises en cause mais on arrive à accuser les jeux vidéo, sans prouver qu’un lien existe entre le geste d’Adam Lanzer et les jeux vidéo. C’est un peu comme dans le jeu «Monkey Island». Un personnage qui a fauté détourne la conversation en criant à son interlocuteur: ‘Et regarde, un singe à trois têtes’. C’est une réaction typique et inquiétante qui s’attaque à une culture. On a brûlé des livres dans les années 30 et on voit où ça nous a mené. C’est une approche obscurantiste et fausse du problème. Est-ce que cette association est prête à racheter tous les jeux vidéos violents des Etats-Unis? Est-ce qu’elle en a les moyens? Sûrement pas. Ce n’est que du spectacle.»

Quant à Southington SOS, elle veut surtout privilégier le dialogue entre les enfants et leurs parents en ce qui concerne leur consommation de jeux, films, etc... «Nous conseillons d'abord aux parents de regarder à quels jeux jouent leurs enfants. Nous leur demandons de mieux comprendre ce qu'ils font, et d'en discuter ensemble. Si les familles estiment qu'il n'y a pas de problème, tant mieux», estime le responsable relayé par Polygon.

Pour l'anecdote, SouthingtonSOS s'est inspirée de la démarche d'un préado de 12 ans de Newtown qui avait décidé de se débarrasser de ses jeux vidéo violents, après l'enterrement d'un camarade de son frère.

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