Tuesday, September 4, 2012

Google ira fouiner dans vos vidéos

Le moteur de recherche veut identifier en profondeur le contenu des vidéos circulant sur le Net. Fraîchement breveté, un nouveau système de reconnaissance inquiète les défenseurs de la vie privée. Google (GOOG 685.09 0.50%) va-t-il s’arrêter dans sa soif d’indexer le monde et ses habitants? Le géant de l’internet a obtenu la semaine passée un brevet pour un système de reconnaissance des objets dans les vidéos.

Concrètement, le logiciel devrait être capable de reconnaître et de nommer les éléments qui ont été filmés. Monuments, êtres humains, véhicules, animaux, aliments... Google s’est fixé une limite à 50'000 objets reconnaissables.

Du taggage au flicage

Premier usage de cette nouvelle technologie: introduire un taggage automatique des vidéos chargées sur YouTube. Plus besoin d’inscrire «Jet d’eau» et «Genève» dans les mots-clés de votre clip. Google s’en charge tout seul, profitant au passage pas diffuser des publicités mieux ciblées.

A priori, cette innovation bien pratique va simplifier la vie des internautes en échange de quelques annonces. Rien de bien méchant. Mais à y regarder de plus près, le logiciel décrit dans le brevet est une nouvelle attaque contre le respect de la sphère privée sur internet.

Avalanche d’informations personnelles

Via son portail vidéo YouTube, Google pourra amasser une quantité immense d'informations sur ses utilisateurs. «Encore une fois, on a l’impression que l’utilisateur perd le contrôle sur ce qui est fait avec ses données, dénonce Nick Pickles, responsable confidentialité pour l’ONG Big Brother Watch, dans le Daily Mail. Google pourra associer automatiquement votre identité avec les endroits que vous aurez visités ou savoir si vous avez un animal de compagnie».

Pour lui, ce genre de service ne devrait pas être imposé aux utilisateurs et Google ne devrait pas s'en servir pour récolter davantage d’informations sans leur consentement éclairé. Car à n’en point douter, le taggage automatique des vidéos, s’il n’est pas obligatoire, sera enclenché d’office, obligeant les réfractaires à se désinscrire (opt-out).

En plus de la reconnaissance faciale

Un autre facteur d’inquiétude est que Google implémente sa technologie de reconnaissance sur les téléphones Android (64% du marché mondial) ou dans ses lunettes high-tech. En plus d’avoir des yeux partout sur la planète, le géant du Net pourrait, pour la première fois, comprendre et interpréter ce qu’il voit.

Il sera facile ensuite de relier ces informations à l’utilisateur (qui passe forcément un compte Google), mais aussi aux personnes filmées. Car qui dit reconnaissance du contexte et des objets dit aussi reconnaissance faciale. Et comme par hasard le nouveau brevet obtenu par Google vient compléter une autre patente portant sur la reconnaissance de visages dans les vidéos, comme le fait remarquer le site engadget.

Ces deux technologies ne manqueront pas de converger vers un outil d'analyse et d'espionnage ultime, si les autorités de surveillance et les associations de défense des internautes ne sont pas attentives. Echanger consciemment ses informations personnelles contre la gratuité d’un service est une chose. Se les faire voler au nom de la gratuité ne l'est pas.

(Newsnet)

Créé: 04.09.2012, 14h36

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